Le slow tourisme : voyager en toute conscience

Aujourd’hui, nous poursuivons notre thématique des nouveaux modes de voyages, en explorant le sujet du slow tourisme. Aussi connu sous le nom de slow travel, ou de tourisme lent en français, son principe est simple : voyager plus lentement, pour faire une vraie pause dans sa vie quotidienne.

Le slow tourisme se rapproche beaucoup de l’écotourisme, sujet dont nous avions parlé dans cet article. C’est une alternative au tourisme de masse, qui consiste à voyager de façon plus responsable et surtout, à s’imprégner du lieu de visite (en consommant local, en allant à la rencontre des autres, en programmant moins d’activités, en restant longtemps sur place,…).

Qu’est-ce que le slow tourisme ?

Le slow tourisme découle de la tendance du “slow movement” (mouvement lent), qui préconise un changement de culture vers un ralentissement du rythme de vie.

L’expression “mouvement lent” a été inventée par Carl Honoré, un journaliste canadien, dans son livre “Éloge de Slow”, publié en 2004 où il décrit la manière dont la philosophie du slow mouvement peut être appliquée à tous les domaines.

Ce mouvement a été initié en Italie par Carlo Petrini, un journaliste, sociologue et critique gastronomique italien. En effet, en 1986, il manifeste contre l’ouverture d’un restaurant McDonald’s sur la Piazza di Spagna à Rome afin de protester contre la progression  exponentielle de la restauration rapide.

Par la suite, le mouvement s’est amplifié et s’est étendu à d’autres aspects de la vie quotidienne. Son crédo, “profiter de la qualité plutôt que de la quantité”, peut s’adapter à différentes activités : aux repas, au travail, à la vie de famille et donc aussi aux vacances.

Le slow tourisme inclut diverses composantes : le trajet et les modes de transport, l’écologie, les activités sur place, la rencontre avec autrui, la participation à l’économie locale. Et, il inclut aussi la dimension de soi.

Découverte du slow travel
Photo by Artem Bali on Unsplash

L’expression “prendre du temps pour soi ” prend alors tout son sens. Car il s’agit de voyager pour se reposer, se recentrer, apaiser le stress et les tensions, calmer l’agitation intérieure… . Il y a une dimension méditative à la pratique des vacances en mode slow, car vous serez plus à l’écoute de vous-même et de votre bien-être.

Le slow travel n’est donc pas uniquement défini par la façon de se rendre d’un point A à un point B. Il s’agit de ressentir une connexion avec votre destination.

Il n’y a pas non plus de durée à respecter pour que vos vacances soient considérées comme un voyage lent, la clé est de prendre son temps.

Forcément, si vous prévoyez de rester 3 ou 6 mois quelque part, la connexion sera plus forte mais, à cause de l’organisation du quotidien, du travail et du budget,  il est très compliqué de rester plusieurs mois dans un pays.

Pour compenser, les vacanciers s’offrent quelques semaines de vacances chaque année et se pressent pour voir tous les endroits touristiques du pays ou de la destination choisie. Certes, ils rentrent avec de nombreuses photos à regarder, mais ils sont souvent autant épuisés qu’avant le départ, avec la sensation amer que “le temps est passé trop vite”.

Voyager en mode slow
Photo by Dino Reichmuth on Unsplash

C’est pour contrer cet effet là que le slow travel entre en scène. Par exemple, pensez-vous que vous arriverez mieux à comprendre “l’American way of life” en faisant une tournée éclair des capitales des États américains plutôt qu’en passant 1 mois à New-York ? Ou en traversant lentement le pays d’Est en Ouest en prenant le temps d’apprécier les différents paysages et de vous confronter aux communautés sur votre chemin ?

Sur le même principe, vous pourrez en apprendre autant d’un pays en séjournant une semaine dans un petit village de campagne qu’en passant une journée dans chaque grande ville. Même deux jours passés à vous promener dans une ville et à errer dans ses différents quartiers vous permettront autant de capter son atmosphère que la visite de toutes ses attractions touristiques.

Adopter le slow travel est considéré par certains comme une philosophie de vie, qui consiste à faire en sorte d’être “comme chez soi” dans un nouvel environnement. Cela passe par fréquenter les locaux sur place, découvrir leurs habitudes et coutumes, fréquenter des lieux non touristiques, instaurer une routine sur place…

Comment pratiquer le tourisme lent en voyage ?

Conseils pour voyager en mode slow
Photo by Max van den Oetelaar on Unsplash

Quelques conseils pour voyager en mode slow :

  • Délaisser les attractions touristiques au profit de longues balades.
  • Choisir un hébergement et des options de restauration adaptés à la région dans laquelle vous voyagez.
  • Eviter les chaînes de café et de restaurant et préférer les tables locales, les cafés et les produits régionaux.
  • Prendre le temps de s’asseoir dans un café, pas de simplement consommer, vous deviendrez acteur et non plus un consommateurs de passage.
  • Essayer de parler la langue du pays dans lequel vous êtes, au moins quelques phrases et expressions.
  • Lire le journal local pour être au courant de l’actualité.
  • Prendre les transports en commun locaux, tels que les bus plutôt que les minibus des voyages organisés ou les chauffeurs privés.
  • Essayer de visiter les lieux chers à la communauté locale qui ne sont pas forcément les mêmes que les grands sites touristiques.
  • Participer à des événements musicaux, sportifs ou traditionnels sur place.
  • Acheter dans des magasins et les marchés locaux afin de soutenir l’artisanat local en évitant les boutiques de souvenirs.
  • Profitez de l’instant présent et ne pas avoir peur de l’imprévu !

Privilégier des moyens de transport doux

Le slow tourisme peut se pratiquer partout, à côté de chez soi comme à l’autre bout du monde, en ville comme à la campagne.

Et, comme nous l’avons vu précédemment, le fait de voyager lentement n’est pas seulement pour la conviction écologique, même s’il implique forcément le mode de voyage.

Certes, se rendre dans une destination proche de chez soi aura un plus faible impact écologique et moins d’aléas / de stress (retard, grève, décalage horaire, ….) car parcourir de nombreux kilomètres n’est pas forcément de tout repos. Mais ce n’est pas pour autant que vous ne pouvez pas pratiquer le slow tourisme après un long trajet en avion.

Velo : mode de mobilité douce
Photo by David Marcu on Unsplash

En revanche, lorsque vous le pouvez, vous rendre dans votre destination plus doucement (en privilégiant le train à l’avion, ou le bateau, la voiture et le covoiturage lorsque c’est possible) permet d’apprécier le voyage et les paysages que vous allez voir en chemin. L’état d’esprit du voyageur lent est de rêver de sa future destination pendant le trajet, au lieu d’être impatient et pressé d’y arriver.

Pendant votre séjour, le slow tourisme vous invite à privilégier une mobilité douce : balades à vélo, à cheval, à pied ou même à roller, en kayak ou en paddle pour apprécier les paysages et se reconnecter à la nature.

Des moments de partage et de rencontre

L’autre dimension très forte, que l’on retrouve aussi dans les notions de tourisme culturel et d’écotourisme, est l’humain. En effet, le slow tourisme encourage les rencontres et les moments de partages avec les communautés locales.

En prenant votre temps, vous vous arrêterez dans des lieux qui ne sont pas visités habituellement et vous aurez plus de chances de rencontrer des locaux et de discuter avec eux pour découvrir leur quotidien.

Rencontre avec de nouvelles cultures
Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

Pour vivre une immersion auprès d’autres populations, telles que la culture Maasaï en Tanzanie ou les communautés Akha ou Siam en Thaïlande, vous pouvez vous inscrire à un programme de volontariat. Ces séjours sont 100% organisés, vous dormirez dans une habitation adaptée à l’environnement dans lequel vous serez, et bien sûr vous serez amené à partager avec ces peuples, sans être trop intrusif dans leur vie quotidienne.

En couple, entre amis ou en famille, c’est aussi l’occasion de consolider vos relations avec vos proches, en réduisant les temps d’écran et de téléphones, pour être plus à l’écoute, plus attentif qu’au quotidien et vivre des moments conviviaux qui offriront de beaux souvenirs de vacances.

A l’heure où tout le monde cherche à gagner du temps dans sa vie quotidienne, différents mouvements “slow” ont émergé : la slow food pour prendre le temps de savourer une nourriture de qualité, la slow cosmétique qui consiste à utiliser des produits naturels respectueux de notre corps et de l’environnement et le slow travel.

Le voyage lent a donc pour objectif de redonner au tourisme ses valeurs premières : plaisir et repos.





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